Que pensent les Réunionnais de nos actions de conservation des pétrels?

Que pensent les Réunionnais de nos actions de conservation des pétrels?

Aujourd’hui, dans la conservation des oiseaux marins de La Réunion, il est nécessaire de comprendre la représentation sociale des Réunionnais et de travailler avec eux à l’appropriation de la thématique pour une action plus durable. C’est un point important sur lequel le projet LIFE+ Pétrels souhaitait se pencher. Marion Manoro, étudiante en Master 2 de Biodiversité des Ecosystèmes Tropicaux à l’Université de La Réunion, a cherché à décrypter les représentations sociales que les Réunionnais ont sur les oiseaux marins et les Nuits Sans Lumière.

Afin de tenter de comprendre la représentation des Réunionnais par rapport à ces thématiques, Marion a procédé à la réalisation d’enquêtes sociologiques auprès des Réunionnais.
La première enquête, réalisée, avait pour objectif de comprendre la perception des Réunionnais sur les oiseaux marins. Chaque répondant devait alors mettre un nom sur 6 photos d’oiseaux marins (le Pétrel de Barau, le Pétrel noir de Bourbon, le Puffin Tropical, le Puffin du Pacifique, le Noddi brun et le Paille-en-queue), donner son statut de protection et dire si cette espèce est endémique ou non.

Les résultats de cette enquête sont intéressants, car ils révèlent que le Pétrel de Barau a été très largement reconnu. Par ailleurs, plus de la moitié des répondants savaient que cet oiseau est endémique et menacé. Le Pétrel noir de Bourbon, lui a été reconnu par 44% des personnes interrogées, preuve que les campagnes de sensibilisation et de communication ont joué un rôle positif dans la connaissance et la représentation de cette espèce.
Le Paille-en-queue a été reconnu par la totalité des répondants, mais beaucoup de Réunionnais pensaient à tort qu’il était endémique de notre île, alors qu’il est présent dans toutes les zones tropicales de la planète, et qu’il n’est pas menacée ! Ceci s’explique par le fait que le Paille-en-queue est très visible de jour, et est considéré comme un oiseau emblématique de notre île : logos d’entreprises, cartes postales et tatouages de cet oiseau ne sont pas rares !
Le Noddi brun, le Puffin du Pacifique et le Puffin Tropical, en revanche, n’ont majoritairement pas été reconnus.

Le second questionnaire concernait les Nuits Sans Lumière et était destiné aux habitants de Cilaos, première ville à voir s’échouer les jeunes pétrels, Saint-Denis, chef-lieu de La Réunion situé au nord et Saint-Pierre, troisième grande ville de l’île et situé dans le sud de l’île.
Cette enquête a révélé que 90% des personnes interrogées connaissaient les Nuits Sans Lumière. Les résultats ont été variables d’une commune à l’autre puisque 100 % des habitants de Cilaos connaissaient cet événement contre 90% des personnes interrogées à Saint-Denis et 96% à Saint-Pierre.
Ces campagnes ont été perçues comme étant positives pour la protection des pétrels (en particulier à Cilaos) et pour la réduction de la facture (surtout évoqué à Saint-Denis et Saint-Pierre). Des points négatifs comme le risque d’augmentation d’accidents, de cambriolages et d’agressions ont également été cités par 60% des personnes interrogées. Enfin, il a également été mis en avant une envie des personnes questionnées de participer aux événements, mais une méconnaissance, pour 50% des personnes, des outils dont ils disposent pour y participer. Les personnes qui ont déjà participé ou qui souhaitent participer désormais ont déclaré vouloir éteindre les lumières à l’extérieur de chez eux pour les répondants de Saint-Denis et de Saint-Pierre, et récupérer des oiseaux échoués pour les répondants de Cilaos.
D’après ces résultats, la population réunionnaise semble être relativement familiarisée aux Nuits Sans Lumière. Comprendre la représentation sociale de la population peut alors permettre aux différents acteurs d’adapter leurs actions, notamment sur des événements participatifs comme les Nuits Sans Lumière.

À l’heure actuelle, un gros travail est réalisé sur la sauvegarde des espèces en danger. Dans le cas des pétrels par exemple, une partie de la sauvegarde de ces oiseaux est dépendante de l’action des Réunionnais notamment sur les aspects de stérilisation et déchets en milieu naturel, c’est ici que les enquêtes sociales ont toutes leur place car comme le dit le proverbe « seul on va vite, mais ensemble on va plus loin » !

Relâcher ouvert au public @ M. Manoro

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