Du neuf chez les Pétrels noir de Bourbon

Depuis la découverte des premières colonies de Pétrels noir de Bourbon en novembre 2016, le LIFE+ Pétrels les suit de prés ! En période de présence ou d’absence des oiseaux sur les colonies, les interventions humaines sont essentielles pour donner à ces oiseaux, en danger critique d’extinction, une chance de se reproduire dans de bonnes conditions. Les résultats de ces actions sont d’ailleurs très probants !

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3 questions à Patrick Pinet, coordinateur du projet LIFE+ Pétrels

                                                                                           

Tout d’abord, est-ce difficile de suivre une colonie de Pétrels noir de Bourbon ?
Ah oui, elles se méritent ! Tout d’abord, il faut les atteindre… Si pour se rendre sur les colonies de Pétrels de Barau une marche d’approche est possible, ce n’est pas si évident avec les colonies de Pétrels noir de Bourbon. Celles-ci qui sont accessibles de 2 manières : par voie terrestre, nécessitant une l’utilisation de cordes ou par les airs avec le soutien d’un hélicoptère.
Ensuite, nous avons eu des surprises en étudiant cette espèce, notamment au niveau de leur reproduction. Comme le Pétrel de Barau est synchrone (la majorité des poussins s’envolent au mois d’avril), nous pensions que ce serait le cas avec les Pétrels noir de Bourbon, ce qui aurait facilité le suivi . Or, nous avons constaté que la période de reproduction est décalée entre les deux colonies découvertes et au sein même des colonies. La compréhension de leur mode de vie est alors essentielle pour mettre en place des méthodes de protection et de suivi efficaces de ces derniers sanctuaires de présence des Pétrels noir de Bourbon ! Nous avons encore énormément de choses à découvrir sur cette espèce.

 

Que faites-vous pour apprendre à mieux connaître cette espèce ?
Depuis la découverte, des systèmes d’enregistrement acoustiques et vidéos ont été déployés sur les colonies de reproduction. Ces dispositifs nous permettent d’acquérir de la donnée en étant le moins intrusifs possible. Puis, lors des missions sur les colonies qui ont lieu une fois par mois de juillet à mars, les enregistrements sont récupérés pour être traités.
Ces deux systèmes d’enregistrements nous fournissent des informations très différentes, mais néanmoins complémentaires :
Les enregistreurs vidéos nous permettent d’obtenir des images de pétrels sur les colonies, mais également d’évaluer l’efficacité de la dératisation en dénombrant le nombre de rats sur les vidéos.
Les enregistreurs acoustiques sont également de vraies mines d’information. À partir de quand les individus arrivent-ils sur les colonies ? Combien d’oiseaux sont présents sur les colonies ? Quelles interactions ont-ils entre congénères? Ce sont autant de questions auxquelles nous sommes capables de répondre aujourd’hui. L’étude des bandes-son a déjà permis de faire la différence entre les vocalisations mâles et femelles et nous avons actuellement une dizaine de cris différents qui ont été identifiés.
Le couplage de la vidéo et du son nous donne alors des éléments de compréhension sur leur comportement, leurs interactions et enrichi nos connaissances sur l’espèce.

Nous en sommes maintenant à bientôt 3 ans de suivi, voit-on déjà des résultats ?
Lors de notre première visite sur site en novembre 2016, la saison de reproduction des Pétrels noir de Bourbon était déjà bien avancée. Nous avons sécurisé la zone, mais malheureusement il était déjà trop tard et nous n’avons eu aucun jeune pétrel qui a pris son envol. L’année suivante, nous avons dératisé les sites avant et pendant la saison et 9 jeunes pétrels se sont envolés. Ce chiffre est en augmentation, car nous avons cette année dénombré 10 jeunes qui ont pris leur départ, avec plus de 60 % de succès de reproduction, c’est un résultat encourageant qui démontre bien la nécessité de l’action humaine !

 

Comme chez les Pétrels de Barau, les oiseaux sont maintenant régulièrement bagués et suivis. Depuis la découverte des colonies, 84 oiseaux ont été bagués ce qui nous ramène à plus de 130 Pétrels noir de Bourbon connu de la science, c’est un pas de géant pour une espèce si rare !

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